L’arroseuse arrosée -joliment- ou le retour de Gaëlle sur mes conseils de lectrice

C’est l’histoire d’une fille qui ne lâche rien. En tout cas, pas sur ce que vous lui faites lire. Quelqu’un qui lit avec ses tripes, ses sentiments, et ce qu’elle est. Qui lit à la fois dans sa chair et à fleur de peau. En profondeur et en surface. Qui lit aussi avec son expérience, et son oeil aiguisé, de lectrice professionnelle.
Quand vous donnez quelque chose à lire à Virginie, vous ne le donnez pas à un vague pote qui sera forcément émerveillé par votre superbe prose. Vous le donnez à quelqu’un d’exigeant, pour qui rechercher la justesse est une ligne de conduite.

Non, quand vous rentrez en littérature avec Virginie, elle ne lâche rien. Elle renvoie des échos de fond, des pistes de travail sur la forme, et ne se contente pas d’un à peu près. Elle vous dit « il me semble que… » ou « Tu devrais rechercher du côté de… », et au moment où elle le dit, vous savez qu’elle a raison. Pour autant, elle ne fait pas le boulot à votre place. A aucun moment, elle ne fait, elle, le travail de réécriture. Alors oui, il vaut mieux le savoir: vous en bavez!!! Mais que de jubilation, aussi, de voir au fil du temps les choses s’affiner sous votre clavier…!

Serait-elle donc un professeur sinistre et rigide, a l’exigence dénuée d’humanité???
Que Nenni! Car attention, dans ce que Virginie ne lâche pas, il y aussi votre main. Hésitante, complexée, retenue, qui n’ose pas toujours, qui ne sait pas comment… C’est compliqué, et inquiet, la main d’un auteur. Virginie veut le meilleur, mais sait aussi transmettre ses encouragements. Dire qu’elle y croit. Renvoyer le positif. En bref, mettre du charbon dans la chaudière, de telle sorte que la loco de votre création avance encore un peu. Il y aurait quelque chose d’étonnant à ce que le sourire qui vous accueille quand vous la rencontrez ne vous porte pas quelques heures, quelques jours, ne se rappelle pas à vous quand vous faites mine de désespérer et de lâcher l’affaire.

Alors c’est un grand bonheur, oui, que de voguer en sa compagnie au fil d’un « échange » littéraire (le mot « conseil » me semble en deça de l’aventure, peut-être trop à sens unique). Elle vous écoute, écoute votre texte, et s’y glisse pour en tirer le plus beau, en respectant votre univers, votre style, votre « patte ». Je doute fort qu’elle essaye jamais de tirer la couverture à elle. En revanche, qu’elle vous aide à en tricoter une qui vous convienne, certainement.

C’est une histoire à 3: un texte, son auteur, et Virginie. Une histoire charnelle et sentimentale, ou rien n’est anodin, ou rien n’est laissé au hasard.

Une belle histoire.

Gaëlle Pingault

NB: l’intégrale de sa lettre…Pour info, Gaëlle est publiée chez Quadrature et l’aventure est belle!

un lien pour en savoir plus: http://gaellepingault.blogspot.com/

 

Et le retour de Christine, chroniqueuse et auteur

« Être lue par Virginie Roussel est un cadeau.

C’est l’assurance de savoir que vont se poser sur ses mots un œil précieux qui combine autant d’intelligence que de sensibilité. C’est la certitude aussi qu’elle saura trouver là où le bât blesse, là où les liens sont trop serrés ou trop lâches.

 Elle est une technicienne qui sait repérer les erreurs de montage, une connaisseuse qui sait la matière, ses effets, ses mécanismes, ses rouages. Elle est aussi celle qui peut retrouver un objectif enfoui sous les phrases, un but flou qui nous a échappé, à qui nous avons tourné le dos, que nous avons perdu, une raison d’être au texte, une question importante.

 C’est une médecin-de-lettres, médecin-de-mots. Elle se place en lectrice : elle dit lorsque le texte s’éloigne de son but, pour aider « l’écrivant » à retrouver sa cible. Elle se place en auteur : elle dit, lorsque la structure penche et de quel côté rétablir l’équilibre. Et elle dit à quel endroit creuser pour retrouver les clés manquantes. Elle dit aussi ce qui est bon, ce qui résonne bien, ce qui doit rester. Elle dit tout à la fois. Encourageante, fine, pertinente.

Elle déplace le texte. S’il était bancal, besogneux, en souffrance, après sa relecture, il devient potentiel de possibles, de réajustements, d’angles de vue, de mise en perspective… Et « l’écrivant » peut de nouveau réécrire.

 C’est pour ça qu’être lue par Virginie Roussel est un cadeau. Et pas n’importe quel cadeau. Un qui dépote, qui fait péter les capsules et met le doigt à l’endroit exact du lieu du crime, pile dessus, mais on n’a pas le temps d’avoir mal tellement ça soulage. Virginie Roussel, c’est la Roll Royce des relectrices, la Prix Nobel des relecteuses, la championne olympique des relectantes (et c’est pas tous les quatre ans, sa compétition, c’est tout le temps !). Et puis y’a “acuité” comme mot qui me vient à l’esprit. Et “perception fine pas intrusive” mais ça ne tient pas en un seul mot. C’est dommage, parce que ça lui irait si bien. »

 Christine Jeanney

 Un régal de blog :

Bilan Charlémoi « Blogàpages

et la chronique sur “L’amour est un carburant propre”

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