Les vacances d’un écrivant ne ressemblent jamais tout à fait à celles des autres, amateurs de pâtés de sable, de trekking, qu’importe. La question qui se pose n’est pas mer ou montagne, farniente ou tourisme intelligent…on est plutôt dans la variation entre écriture et lâcher prise, nécessité d’avancer et envie de buller.

 

Longtemps je me suis levée tôt…résolument décidée à finir un texte avant la rentrée fatidique!

Pas cette année. Cette année avec mes deux mois devant et un roman en chantier à reconstruire entièrement, j’ai décidé d’ignorer la « nécessité » (avec culpabilité et chrono en aiguillons) pour laisser naître un processus neuf. J’ai alterné des journées d’écriture -entre 7 et 8 heures quotidiennes pour les meilleurs jours- et les jours blancs, sans aucun travail, aucune culpabilité non plus, à l’intuition…et j’ai regardé cette alternance entre le faire et l’être, moi au milieu.

 

Pas facile justement d’ « être » quand on a pris l’habitude d’écrire au point de sentir que celle-ci est devenu un axe majeur de son existence. Dépouillé des mots, de cette rigueur d’écrire qui peut être douloureuse mais qui semble donner un sens à l’être, il reste Soi face aux petits riens de la vie. On est nu, royalement nu…et un peu frileux même par 38 degrés à l’ombre (ah Toulouse!).

Parfois on se demande même si on est pas un peu bancal, en manque d’équilibre, dépendant de cette épaisseur étrange…la mienne revient à quinze années de sédimentations -que je me garderai d’énumérer ici, c’est une histoire longue- sans compter ces lectures par milliers qui m’ont menée imparablement à « dire les mots » à mon tour.

Quand on pratique le regard conscient -sur soi, les autres, le monde- les questions ne manquent pas. Celle de la dépendance, de la liberté, de l’être et le faire, etc, etc. Écrire peut balancer entre deux notions paradoxales: se protéger du monde -entouré de ces mots en guise de carapace ou de coussin moelleux en réinventant une réalité à coups « d’Il était une fois »- mais aussi pénétrer dedans plus avant comme on bâtit un pont, avec au bout les autres, fatalement lecteurs. On est d’abord ermite pour devenir passeur, dans l’idéal. Car écrire pour soi tout seul n’est pas un but très épanouissant. Je ne parle pas du petit ego réclameur -il existe mais ne prend pas une telle place, justement!- je parle de cette part du Soi qui aime partager avec l’autre. L’équilibre est subtil, exigeant…

 

Évidemment je n’ai rien terminé. La rentrée approche et elle n’est pas mince, mon texte qui ne l’est pas non plus va reposer en l’air, prendre de la patine, révéler ses failles mais aussi ses forces, il prendra forme ou place par un étonnant processus de métamorphose. Je pense à une métaphore idiote et prosaïque, un truc que j’ai remarqué à force de déménagements: quand on remplit un lieu tout neuf avec armes et bagages, les meubles peuvent mettre un certain temps à occuper le terrain, à remplir l’espace harmonieusement. Cela peut prendre quelques heures ou quelques jours, parfois cela ne se produit jamais (signe qu’il faut repartir!)… un texte a également besoin de ce temps de latence pour se laisser voir… il lève et prend de l’épaisseur dans le meilleur des cas comme une pâte de boulange, révèle des creux qu’il faudra pétrir à nouveau ou des grumeaux à extirper…

 

Ces deux mois n’ont pas été vains, quel que soit le résultat de mon travail (Publication?…j’ai compté les étoiles filantes, alors…)

J’ai appris à écrire en liberté, sans compter les heures pleines ou creuses, sans préjuger du résultat, plutôt centrée sur le moment présent. Et c’est le plus beau cadeau que je pouvais m’offrir, écrire et « laisser faire ». Je me suis bien aimée en écrivain attachée à sa table -ou à son coussin, pour le confort de mes cervicales!- et je ne me suis pas fustigée en bullante de rien du tout. J’ai balancé les questions quinquennales, le calendrier, les bons points ou le bonnet d’âne pour chercher un chemin au delà… et j’ai découvert sur la longueur que quand on ne force pas les choses, aiguillonnée par le petit égo tyrannique et trouillard qui adore les chronos, celles-ci s’épanouissent en douceur et en force.

Le grain germe, la pâte lève et je fais après tout un mitron très présentable…

belle rentrée à tous!

Sortie en octobre 2009

Vestine

 

Une jeune femme noire, 27 ans environ est assise sur un canapé. A côté d’elle une jambe, posée sur un coussin… 

 

     extrait « Il faut dire que le type en question était un antillais à peau bleue et moi les nègres je ne pouvais plus les voir en peinture, tous des soldats et des tueurs alors quand le facteur sonnait à la porte je courais me planquer dans l’armoire, j’aurais rampé rien qu’à l’idée qu’il me touche, il portait sûrement une arme dans son sac, il pouvait nous arroser à tout moment, tchak-tchak-tchak, avec son sourire et sa peau bien cirée, mais moi je savais, je la connaissais la joie des hommes en armes, quand ils rient et tirent dans les têtes, comme des ballons ou des pastèques, tchaktchak-tckak, ils rient au feu d’artifice des têtes éclatées ! » 

    extrait : « J’avais appris à parler français et c’est comme si les mots chassaient l’Afrique. Je lisais Zola, Mon bel oranger, des histoires de Rois Louis, de Révolution Française; à la télé je regardais les pubs où des jeunes habillés comme des sacs rivalisaient en Nike, Adidas, Schott et j’embrouillais les marques, j’embrouillais le monde, un jour à baigner dans le sang des morts, un autre à rêver devant un paire de baskets vraiment trop cool. A l’école –direct en CM1- une dame martelait que les plaques de dix forment une centaine, que le verbe fait l’action, que trois fois quatre égale douze. En Afrique, j’avais appris des choses qui n’existaient pas ici. Des choses violentes. Que la colère germe comme des petits haricots rouges dans le cœur des soldats. Que la mort frappe en plein jour, et qu’elle pue. »

Vestine Mukagataré “celle qui vient de la pierre” raconte pèle-mêle les vaches alsaciennes, Nine et ses drôles de cigarettes mauves, les règles de grammaire, la course pour ne pas mourir, la thérapie avec le bon docteur Bernstein, l’amputation, les trous dans la mémoire pointilliste, les stigmates qu’elle porte gravés sur sa peau, les bébés rouges ou les corps carcasses… Et le monologue jaillit, interpelle, avec au coeur du récit, comme une plongée en apnée, les cinq jours terribles où Vestine se perd dans l’enfer du génocide rwandais. 

J’ai voulu aller sous la peau pour dire l’indicible, mêler la lumière au sombre pour raconter l’histoire de Vestine. Il m’a fallu travestir l’intime, prendre de la distance avec la Vestine trop familière pour aller toucher, chez moi et l’autre, la justesse d’une cadence, d’une voix

Virginie Jouannet Roussel

  

la médaille de l’envers…

décembre 22, 2008

J’aime bien chercher sous les apparences,  j’aime comprendre « sous la peau”, dans la vie comme en écriture…Alors je n’allais pas bouder l’occasion, un peu difficile, lorsque mon ordinateur a été volé –entre autre…
La hantise de l’auteur !
Et quand ledit auteur sauvegarde assez mal ses textes tous les 36 du mois… heureusement j’ai encore l’essentiel, le reste c’est un peu de travail qui se retrouve ou se ré-écrit, ou bien s’oublie sans regrets.
Les textes qui moisissent dans les tiroirs virtuels, finalement…

Les mots sont comme les vivants, ils respirent mieux à la lumière, on se les passe, on les repose, on s’en rappelle un peu, leur trace loge parfois dans un souvenir diffus, une impression de lecture, vague ou aiguë.
Je m’aperçois avec le temps que ne suis pas une collectionneuse de textes avortés. Et cela me rend plus « écrivain » en un sens, ce plaisir à voir les mots vivre, les retours de lecteurs, les textes repris au théâtre, manipulés autrement, dits par d’autres bouches, parfois avec d’autres intentions que les miennes. Une fois lâchés en public, ils ne sont plus tout à fait à moi et c’est tant mieux.

Au théâtre, justement, on m’a souvent dit que j’étais un auteur plaisant. Encore vivante mais pas tyrannique, acceptant des coupes, des changements. Il m’est même arrivé de ne pas reconnaître des tirades que j’avais écrites parce qu’elles étaient passées par un autre « tamis ».

La liberté que prennent les mots me ravit.
En ce sens, le lecteur a « toujours raison ». On peut chercher à comprendre un écrivain et son œuvre, débattre avec lui des intentions, de l’implicite, on peut raisonner intelligemment mais l’impression de lecture est intime et irréfutable.

Les nouvelles de « l’amour est un carburant propre » sont qualifiées diversement ; acides, légères, crues, un peu désespérées, teintées d’humour, etc.
Chaque lecteur s’approprie une cadence ou une couleur. Je m’étonne parfois mais je ne m’insurge jamais, j’aime trop la liberté de celui qui lit pour lui expliquer quoi trouver dans mes textes.

Les mots voyagent à leur guise, ils trouvent des chemins, font des ricochets, créent des échos… Je les regarde vivre à l’occasion, comme un jardinier regarde pousser ses plantes et puis je vais semer ailleurs.

C’est l’histoire d’une fille qui ne lâche rien. En tout cas, pas sur ce que vous lui faites lire. Quelqu’un qui lit avec ses tripes, ses sentiments, et ce qu’elle est. Qui lit à la fois dans sa chair et à fleur de peau. En profondeur et en surface. Qui lit aussi avec son expérience, et son oeil aiguisé, de lectrice professionnelle.
Quand vous donnez quelque chose à lire à Virginie, vous ne le donnez pas à un vague pote qui sera forcément émerveillé par votre superbe prose. Vous le donnez à quelqu’un d’exigeant, pour qui rechercher la justesse est une ligne de conduite.

Non, quand vous rentrez en littérature avec Virginie, elle ne lâche rien. Elle renvoie des échos de fond, des pistes de travail sur la forme, et ne se contente pas d’un à peu près. Elle vous dit « il me semble que… » ou « Tu devrais rechercher du côté de… », et au moment où elle le dit, vous savez qu’elle a raison. Pour autant, elle ne fait pas le boulot à votre place. A aucun moment, elle ne fait, elle, le travail de réécriture. Alors oui, il vaut mieux le savoir: vous en bavez!!! Mais que de jubilation, aussi, de voir au fil du temps les choses s’affiner sous votre clavier…!

Serait-elle donc un professeur sinistre et rigide, a l’exigence dénuée d’humanité???
Que Nenni! Car attention, dans ce que Virginie ne lâche pas, il y aussi votre main. Hésitante, complexée, retenue, qui n’ose pas toujours, qui ne sait pas comment… C’est compliqué, et inquiet, la main d’un auteur. Virginie veut le meilleur, mais sait aussi transmettre ses encouragements. Dire qu’elle y croit. Renvoyer le positif. En bref, mettre du charbon dans la chaudière, de telle sorte que la loco de votre création avance encore un peu. Il y aurait quelque chose d’étonnant à ce que le sourire qui vous accueille quand vous la rencontrez ne vous porte pas quelques heures, quelques jours, ne se rappelle pas à vous quand vous faites mine de désespérer et de lâcher l’affaire.

Alors c’est un grand bonheur, oui, que de voguer en sa compagnie au fil d’un « échange » littéraire (le mot « conseil » me semble en deça de l’aventure, peut-être trop à sens unique). Elle vous écoute, écoute votre texte, et s’y glisse pour en tirer le plus beau, en respectant votre univers, votre style, votre « patte ». Je doute fort qu’elle essaye jamais de tirer la couverture à elle. En revanche, qu’elle vous aide à en tricoter une qui vous convienne, certainement.

C’est une histoire à 3: un texte, son auteur, et Virginie. Une histoire charnelle et sentimentale, ou rien n’est anodin, ou rien n’est laissé au hasard.

Une belle histoire.

Gaëlle Pingault

NB: l’intégrale de sa lettre…Pour info, Gaëlle va sortir son recueil avant la fin de l’année chez un petit éditeur


Un mail est tombé, Sarah Funel, l’attachée de presse des 400 Coups, m’écrit, je cite « Il s’est vendu à 330 depuis parution. C’est un bon chiffre par rapport à nos autres titres en littérature »

J’avoue que pour le « coup » je n’ai pas grimpé au plafond, ni chuté à la cave non plus, qu’on se rassure, je suis encore suffisamment lucide sur l’édition pour en connaître les difficultés… Mon premier recueil avait fait un « beau » score avec la réédition, environ 3000 exemplaires, du moins je le suppose, le service après-vente de certaines maisons laissent un peu à désirer question transparence et commodité…

Il n’empêche, je continue à m’étonner de la frilosité de nos médias quand il s’agit de parler de la nouvelle ou de la promouvoir. Le genre implique-t-il –sauf miracle nommé Gavalda- la quasi clandestinité ? A moins bien sûr d’avoir un nom déjà pailleté en suffisance pour espérer attirer l’attention du journaliste-chroniqueur !

Je ne suis plus tout à fait profane en la matière et je me balade aussi des deux cotés de la barrière – auteur, lectrice « pro », jurée, lauréate, acceptée, refusée- j’ai vu comment cela fonctionnait, de la petite à la moyenne maison d’édition et même dans certaine maison importante pour qui je travaille. Quelles que soient les différences, les circonstances, les aléas et les lois du marché, il reste une étape incontournable, celle de la promotion.

Un petit casse-tête chinois en guise d’exemple : certains lecteurs me demandent quand je passe dans telle ou telle ville faire une signature… Ma foi, pas tout de suite ! Pour « signer » un livre il faut être connu un tant soit peu (le serpent qui se mord la queue, me direz-vous) et si par miracle on décroche le pompon (il existe des libraires un peu fous, forcément indépendants, qui invitent les auteurs peu connus) mieux vaut savoir où l’on met les pieds : le chaland est avide de gloires estampillées- et à la télé c’est encore mieux !

J’écarte la librairie de « son » quartier (voir « les aventures d’une signeuse » ). Restent les salons du livre, qui demandent autant de patience que d’humilité pour un résultat souvent peu probant.

Chacun a sa stratégie et j’ai peut-être trop usé mes sandales au long de ce parcours du combattant, justement, pour foncer le cœur battant droit dans les miroirs aux alouettes (ça casse et ça pique !) Dix ans de concours de nouvelles, quelques salons –polar surtout- ça vous met du plomb dans le cerveau et un peu dans l’aile, je parle des illusions ailées bien sûr, pas de ma face angélique que je ne voudrais pas déplumer. Mes plumes me sont utiles, toutes sans exception !

Alors quoi faire ? La retap dans les salons-où-il-faut-absolument-serrer-des-mains ou dans la boîte branchée et parisienne du moment? Pas vraiment dans ma nature.

Internet ? C’est fait !

Le siège des rédactions culture ? heu…juste un mail qui n’a rien donné, les réponses c’est pas des masses dans la politique des Grands occupés. D’ailleurs, si je m’y colle vraiment à ces soirées branchées, j’écris quand ? Planquée dans les toilettes du dernier salon où l’on cause ? Ou bien entre 3 et 4 heures du mat, grisée par les bulles de champagne ou mieux encore par l’absinthe qui rend fou et forcément génial ?

On peut aussi être écrivain et normal, c’est ce que je me tue à répéter aux gens qui me trouvent vachement « humaine ». J’ai pas encore de puce bionique et je dors comme tout le monde (d’où mon incapacité à arpenter tous les fronts justement, du salon salonnard au mien de salon, où trône mon ordinateur).

Je ne suis pas non plus une bête de plateau télé (pas celui qui se mange, l’autre) mais après tout z’ont qu’à m’inviter pour voir, ça pourrait faire un carton ! Je regarde cette surenchère médiatique, la frénésie d’être là où il faut –the right man in the right place- sous les sun-lights, la façon de parler haut et fort, accrocheur et provocateur parfois qu peut vous aider à décrocher la queue du Mickey… Oui, mais encore ?

Inutile de mentir, je ne suis pas prête à changer ma « normalité » contre un plumeau de paon pour séduire les zappeurs-blasés-branchés ; je persiste à croire qu’on peut y arriver autrement.

Et je me demande, avec ces 330 exemplaires, si ma petite rivière finira par se jeter dans le grand Fleuve au lieu de prendre son temps dans les méandres.

En attendant, j’ai un texte sur le feu…

Trois mois que « L’amour-carburant » est sorti, sans compter les poussières…

J’entre dans une période doublement ambiguë, celle des vacances d’abord, tout ralentit, le rythme général s’apaise (pas le mien, ce doit être un credo personnel, à ce point !) et celle du temps qui file avec les questions en cortège « Alors ton livre se vend bien ? » « Tu as eu d’autres articles ? Et les répercussions ? » etc, etc.

Délibérément, je n’en sais trop rien. J’ai décidé une fois pour toute que je harcèlerai pas mon éditrice et sa maison d’accueil, les 400 coups, question de confiance et aussi philosophie intime…

Je clique néanmoins régulièrement sur le net pour traquer l’éventuel article, je m’aperçois que l’on parle du livre décidément bien davantage au Québec, je fais mes premières armes de blogeuse, des armes enfantines comparées à ce qui se produit sur la toile, tant pis, j’aime bien l’aventure qui consiste à dire les choses qui me ressemblent même si ce n’est guère formaté et que je manque d’habileté en la matière.

Petit rappel en forme de « 4eme de couv’ » :

L’amour est un carburant propre parle de rencontres hasardeuses et charnelles, de transgressions multiples, de coups de lune et d’ange en plastique, de vérité cachée dans un caillou, de grain de sable et de tempêtes, du hasard des fléchettes ou du mystère des chaussettes dépareillées, de tranches de vie et de tournants en épingle à cheveux, de saut de puce, de l’ange, de grande et de petites morts… avec en guise de fil rouge la quête du vif !

J’aime ces récits, j’aimerais qu’on les aime, que le bouche-à-oreille fonctionne, que la nouvelle ne soit pas un ghetto littéraire, que les journalistes soient suffisamment curieux pour s’aventurer à lire « ailleurs » plutôt que d’arpenter les terrains rebattus (selon les prescriptions commerciales de la norme très calibrée) bref, j’ai beaucoup de désirs et ceux-là ne relèvent pas que de l’ego repu, ce serait trop fastoche, un peu de profondeur supplémentaire pour la griserie du vertige…

La vie, qui est bien faite selon les véritables sages, m’empêche de totocher trop longtemps sur les aléas de l’édition ou la condition de l’écrivain. D’abord je travaille trop pour m’arracher les cheveux (notamment à mes lectures pro). Ensuite, surtout, j’écris de nouveau et ce n’est pas de la tarte ! Cette fois (ce n’est pas la première, qu’on se rassure !) je m’attaque au roman, format nettement plus présentable selon les normes éditoriales en vigueur, faut-il le rappeler…

Mon roman-casserole, mon récit à l’aveuglette, un truc encore biscornu, une mosaïque qui va cahin-caha, il lui manque les pieds et de l’ordre, des chapitres, un personnage et un fil rouge qui tienne l’ensemble et l’harmonise.

Tantôt il m’effraie – mon envie de renouvellement n’a rien de confortable, et le fil narratif me mène vers des régions mouvantes- tantôt il m’aiguillonne – si je réussis à « dire comme je sens » il sera extra !

Pour pimenter la chose, j’ai intérêt à ne pas trop m’égarer et à boucler tout ce qui pourra l’être avant la rentrée ; celle-ci ressemble à un fourre-tout à têtes multiples (les ancêtres parlaient d’hydre) et moi au milieu de tout ça il va falloir que je tienne le choc !

Il n’empêche je me tiens là, entre un recueil déjà né et un récit à venir, qui m’alourdit un peu et me nourrit tout à la fois… En vérité et pour nouer la boucle : ce n’est pas que je tienne à suspendre le temps au bout de mes pinces à linge, plutôt qu’il soit donné à « L’amour est un carburant propre » l’occasion de se dilater à sa guise et faire des ricochets…

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Pour aider les ricochets, il m’arrive aussi d’écrire-dessiner des mantras